La Tunisie a su nouer des relations économiques historiquement fortes avec ses partenaires traditionnels de l’Union européenne, à l’image de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni ainsi qu’avec la Libye, son principal partenaire en Afrique du Nord. Par ailleurs, depuis la révolution, on observe l’émergence et le renforcement de nouveaux acteurs, notamment la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde, sans oublier les pays du Golfe

La Tunisie et les pays membres de l’Union européenne

L’Italie est un partenaire économique majeur de la Tunisie : 3ème fournisseur et 2ème client (respectivement 2,6 Mds€ et 2,3 Mds€ en 2013). La quasi-totalité (94%) des produits échangés est issue des industries manufacturières. Les entreprises italiennes implantées en Tunisie (750, soit 60 000 emplois) le sont essentiellement dans ce secteur, et notamment dans le textile. Sur 2006-2012, les IDE italiens sont estimés à 1,2 Md€, soit 11% du total des IDE en Tunisie. Ils concernent l’énergie (68%) et l’industrie manufacturière (30%).

En 2013, la Tunisie et l’Italie ont échangé pour 4,9 Mds€ de biens et services soit une multiplication par 2,3 en 10 ans.

Après la France et l’Italie, l’Allemagne est l’un des principaux partenaires commerciaux de la Tunisie : 3ème débouché (805 M€ d’exportations en 2013, à +13 % en glissement annuel) et 3ème fournisseur (931 M€ d’importations, à +12 % en g.a.) en 2013. Sur la période 2012-13, l’Allemagne accueille 8-9 % des exportations tunisiennes. Sa part de marché est en légère progression (6,7 % en 2012, 7,2 % en 2013).

En 2013, on dénombrait 249 sociétés allemandes ou à participation allemande implantées en Tunisie (+8 en un an), soit 7,7 % des entreprises étrangères présentes, hors énergie. L’Allemagne est le 3ème pays en termes d’implantations. En 2013, 27,5 M€ (45 M€ en 2012, 21 sur 2007-2013) ont été investis par les entreprises allemandes dans les industries manufacturières (seul poste d’investissement). L’Allemagne représentait 13% des investissements dans ce secteur en 2013 (1/5e en 2012). En 2012, 80 % des entreprises allemandes étaient répertoriées dans les industries manufacturières, notamment dans le secteur du textile et de l’habillement et dans les secteurs de la mécanique, l’électronique et l’électrique.

Royaume-Uni : à la fin de l’année 2012, on dénombrait 85 sociétés britanniques en Tunisie, soit 3 % des entreprises étrangères présentes, hors énergie. Le RU est le 5ème pays en termes d’implantations, derrière la France (1 269), l’Italie (747), l’Allemagne (241) et la Belgique (205).

En 2012, 75 % des entreprises britanniques étaient répertoriées dans les industries manufacturières, notamment dans le secteur du textile et de l’habillement (27) et dans les secteurs de la mécanique, l’électronique et l’électrique (20). Le stock d’investissements britanniques hors énergie était évalué à environ 270 M€ en 2012.

Les entreprises britanniques se caractérisent par leur forte intensité capitalistique (3 M€ par société contre 1 M€ pour les allemandes et 0,7 M€ pour les françaises et les italiennes) et importante consommation de main d’œuvre (11 000 emplois générés en moyenne, soit 129 employés par entreprises, contre 97 pour les françaises, 80 pour les italiennes, mais 222 par les allemandes).

La part de marché du RU en Tunisie est évaluée entre 1 et 3 % mais la balance commerciale britannique avec la Tunisie est traditionnellement déficitaire. En 2014, les exportations britanniques vers la Tunisie s’élevaient à 180 M€ tandis que les importations atteignaient 600 M€.

La Tunisie et le Moyen-Orient

Libye : les échanges commerciaux ont atteint 1,2 Md DT, décomposés comme suit : 95,4 MDT d’importations de Libye (-77% par rapport à 2013) et 1,1 Md DT d’exportations vers la Libye (-20%). En raison d’une baisse de la production d’hydrocarbures en Libye, la Tunisie souffre de la chute des importations pétrolières de Libye, désormais estimées à 200 000 bl/jour (contre 1,3 M en 2011). Toutefois, la Révolution n’a pas marqué de rupture (excepté en 2011 pour les importations en provenance de Libye) dans les flux commerciaux bilatéraux.
En 2014, les principaux produits exportés par la Tunisie vers la Libye relèvent des denrées alimentaires (près de 20% du total) et des appareils électriques (11%). La Tunisie achète des hydrocarbures de la Libye (79% du total des importations).

Les investissements libyens en Tunisie ont atteint 20 M€ (+122% par rapport à 2013). Toutefois la Révolution ne marque pas de rupture dans les flux d’IDE libyens en Tunisie, en effet entre 2009 et 2013 le flux d’IDE reste stable à hauteur de 7,2 M€ en moyenne par an. Notons qu’en 2008, ce flux d’IDE a atteint 62,5 M€.

Turquie : en 2014, les échanges commerciaux sont estimés à 1,8 md DT. En effet, la valeur des importations représente 1,6 md DT (+23% par rapport à 2013, en constante augmentation depuis 2012) et celle des exportations équivaut à 272 MDT (-25%). Les principaux produits échangés sont le tabac, le coton, les hydrocarbures, et les matières plastiques et ouvrages d’une part, et les engrais d’autre part.

La Turquie est le 28ème partenaire économique de la Tunisie, avec des investissements à hauteur de 1,27 MDT en 2013. Les investissements étrangers turcs à destination de la Tunisie demeurent faibles, puisque jusqu’à la fin de l’année 2012, il n’est enregistré que 17 entreprises implantées en Tunisie générant ainsi près de 30 000 emplois. Le principal groupe turc implanté en Tunisie reste TAV dans le domaine aérien.

En 2014, l’Arabie saoudite était le premier partenaire économique parmi les pays du Golfe de la Tunisie. Les échanges commerciaux bilatéraux représentaient 512 MDT, se décomposant comme suit : 449 MDT d’importations par la Tunisie (+5,1% depuis 2013) et 63 MDT d’exportations vers l’Arabie Saoudite (+1,3%). La Tunisie achète principalement à l’Arabie saoudite du plastique (80% du total des importations). Les principaux produits exportés vers le Royaume saoudien sont des huiles et des appareils d’équipement (chaudières, réacteurs et autres engins mécaniques).

En 2014, l’Arabie saoudite est 8ème investisseur étranger en Tunisie, avec des IDE à hauteur de 37,4 MDT. On note en 2013 l’implantation de la filiale tunisienne de la société Saoudi Basic industries corporation (SABIC) – 6ème groupe de pétrochimie dans le monde – en partenariat avec le groupe chimique tunisien.

Emirats arabes unis : en 2014, les échanges commerciaux bilatéraux se sont établis à 430 MDT. Les exportations tunisiennes vers les Emirats arabes unis représentaient près de 166 MDT (+51% par rapport à 2013), contre 264 MDT d’importations (+36 %) de la Tunisie en provenance des EAU. Les principaux produits exportés par la Tunisie sont des machines (tracteurs), des appareils électriques et des denrées agricoles. Quant aux produits importés des EAU, on compte principalement les matières premières (aluminium, sel, souffre, plastique). En 2014, les Emirats arabes unis étaient le 9ème investisseur en Tunisie, à hauteur de 30 MDT.

Koweït : en 2014, les échanges commerciaux entre le Koweït et la Tunisie sont estimés à 46 MDT. Les importations de produits koweïtis (sel, souffre et chaux) par la Tunisie s’élevaient à 38 MDT (+4,1 % par rapport à 2013). Les exportations – ouvrages en fonte, fer et acier – étaient estimées à 8 MDT (-27%).

Le Koweït était le 28ème investisseur en Tunisie en 2014, avec un flux de 700 000 DT. Créé en 1976, le consortium tuniso-koweïtien de développement (CTKD) demeure le principal fonds d’investissements koweïti implanté en Tunisie. Son cœur d’activité demeure le tourisme – Mövempick Gammarth, Golden Tulip El Mechtel et Sfax – malgré une diversification récente vers l’industrie agroalimentaire (prise de participation du capital de Vitalait) et l’immobilier (société tuniso-koweïtienne El Amar).

Qatar : en 2014, les échanges commerciaux se sont établis à 30 MDT. La Tunisie a importé à hauteur de 24 MDT de produits qataris (-22% par rapport à 2013) contre 6 MDT d’exportations (-17%). Le principal produit qatari importé relève du plastique (98% du total des importations). La Tunisie vend essentiellement des produits agricoles (fruits, agrumes et melon) et des huiles et autres graisses.

En 2014, le Qatar est le 2nd investisseur en Tunisie, après la France, à hauteur de 176 MDT. D’une part, l’Etat qatari a investi le secteur des télécommunications avec deux projets dont le montant d’IDE a dépassé les 1,4 Md DT (notamment l’acquisition de 15% du capital de Tunisiana, propriété à 90% depuis janvier 2013 de Qatar Telecom). D’autre part, le Qatar a investi dans le secteur du tourisme au travers de deux projets : rachat d’un hôtel à Tabarka à hauteur de 70 MDT en 2012 et construction d’un complexe touristique de luxe à Tozeur – démarré à l’été 2012, toujours en cours – d’un montant global de 155 MDT financé par le fonds d’investissement Diar Qatar holding. Ledit projet associe depuis 2015 le groupe hôtelier thaïlandais Minor Hôtel group.

Dans une perspective de développement des relations économiques bilatérales, la Tunisie a ouvert en mars 2015 un bureau de représentation à Doha, Qatar.

La Tunisie et les Amériques Etats-Unis : en 2014, les échanges bilatéraux enregistrent une hausse pour atteindre 762 M€ (-16% par rapport à 2013). Entre 2002 et 2014, les exportations ont été multipliées par 5 (à hauteur de 34 M€ en 2002) et la valeur des importations a été multipliée par 3 (d’un montant de 193 M€ en 2002). La même année, les exportations de la Tunisie vers les Etats-Unis s’élèvent à 194 M€, soit une baisse de 36% par rapport à 2013. Cela représente 1,5% du total des exportations de la Tunisie. De plus, les produits concernés restent : les graisses, huiles et cires ainsi que les houilles, pétroles et autres dérivés en 2014.

Les importations sont estimées à 568 M€ en 2014 (-6% par rapport à l’année précédente) soit près de 3% du montant global des importations cette même année. Les principaux produits importés (en valeur) restent sur ces trois dernières années : les oléagineux, graines et plantes industrielles, les chaudières, réacteurs et autres engins mécaniques et enfin, les graisse, huiles et cires.

Les Etats-Unis comptabilisent 65 entreprises (hors secteur énergie) sur le territoire tunisien soit 10 793 emplois. Elles représentent près de 2% de l’ensemble des entreprises étrangères dans le pays. La plupart d’entre elles est à caractère industriel : en effet, 50 entreprises sont dans l’industrie manufacturière (et plus précisément 19 dans la mécanique, l’électronique et l’électrique puis 14 dans le textile, 4 dans les industries agroalimentaires, 5 dans le cuir et 4 dans la plasturgie) et le secteur des services (environ 10 entreprises).

En 2014, les flux d’investissements représentent 6 M€, hors énergie. La plupart des entreprises américaines se situe dans le grand Tunis et les zones côtières. Les principaux grands groupes américains implantés en Tunisie sont : Amphenol, Baxter, Casco products corporation, Fidelity, Pfizer, HP, Vistaprint, Johnson controls et HR access.

Brésil : en 2014, les échanges commerciaux bilatéraux se sont établis à 760 MDT. La Tunisie a importé à hauteur de 510 MDT de produits brésiliens (+0,6% par rapport à 2013) contre 250 MDT d’exportations (+26%). Les principaux produits brésiliens importés relèvent de l’agriculture (sucre, soja, maïs, café, bœuf, tabac, volaille). La Tunisie vend essentiellement du phosphate, des produits chimiques et des dattes

En 2013, les investissements brésiliens étaient faibles et représentaient moins de 600 000 DT. Concernant les flux inverses, le groupe tunisien Elloumi (n°2 mondial du câblage automobile) est en cours d’installation au Brésil dans l’objectif de produire localement une partie des câbles électriques.

La dynamique économique entre la Tunisie et le Brésil est favorable. En 2014, un conseil d’affaires tuniso-brésilien a été créé sous l’impulsion de l’UTICA. Par ailleurs, des entreprises brésiliennes ont participé à l’exposition internationale de l’investissement agricole et technologique (SIAT).
2015 devrait confirmer cette tendance, avec la présence prévue d’entreprises tunisiennes lors du « Supermarket association of the State of São Paulo » (Apas, en mai) et celle d’entreprises brésiliennes lors du Salon international de l’Agriculture du Machinisme Agricole et de la Pêche à Tunis (Siamap, octobre).

La Tunisie et l’Asie

En 2014, la Chine était le premier partenaire asiatique de la Tunisie. Les échanges commerciaux bilatéraux représentaient 3,1 Mds DT, se décomposant comme suit : 3 Mds DT d’importations par la Tunisie (+130% depuis 2009) et 105 MDT d’exportations vers la Chine (+12%). La Tunisie achète principalement à la Chine de l’électronique et des appareils d’équipement (chaudières, réacteurs et autres engins mécaniques). Les produits exportés vers la Chine concernent : engrais et matières plastiques.

En 2013, la Chine est le 21ème investisseur étranger en Tunisie, avec des IDE à hauteur de 8 MDT. On note le projet de création d’une chambre de commerce tuniso-chinoise.

Russie : en 2014, les échanges commerciaux se sont établis à 1,9 Md DT. Les exportations tunisiennes vers la Russie représentaient près de 39,6 MDT (-11% par rapport à 2013), contre 1,8 Md DT d’importations (+67 %) de la Tunisie en provenance de Russie. Les principaux produits exportés par la Tunisie sont des denrées agricoles (huile d’olive, poisson, poulet, légumes, fruits). Quant aux produits importés de Russie, on compte principalement les hydrocarbures (55% du total des importations) et les ouvrages en fonte, acier et fer.
En 2013, la Russie était le 27ème investisseur en Tunisie, à hauteur de 1,4 MDT. Huit entreprises russes opèrent en Tunisie dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et des services, générant un total de 600 emplois. En 2013, 300 000 touristes russes ont visité la Tunisie, une hausse de 67% par rapport à 2008.

Inde : en 2014, les échanges commerciaux sont évalués à 745 MDT. Les importations tunisiennes représentaient 492 MDT (-3,3% par rapport à 2013) et les produits concernés sont les téléphones mobiles, les machines, les produits en fer et en métal ou encore les équipements. Cette même année, les exportations s’élevaient à 253 MDT (+82%). Les produits les plus exportés restent le phosphate et l’acide phosphorique : l’Inde accueille près de 50% des exportations tunisiennes d’acide phosphorique.

En 2013, l’Inde était le 11ème investisseur en Tunisie. Les IDE indiens en Tunisie étaient estimés alors à 36,5 MDT. On note l’emblématique joint-venture “Tunisia-India Fertilizer (TIFERT)” lancée en 2006 pour produire de l’acide phosphorique.

Corée du Sud : avec 363 M€ d’exportations vers la Tunisie en 2012, la part de marché de la Corée du Sud s’élevait à 3 %. Ce flux concerne essentiellement : la navigation maritime (navires de pêche) et la matière plastique et ouvrage. Les exportations tunisiennes vers la Corée du Sud sont faibles (15 M€ sur 2012) et volatiles (+46 % en glissement annuel).

Sur 2014, les investissements directs des entreprises coréennes en Tunisie sont estimés à 1,3 MDT (0,6 M€) dans le secteur manufacturier (soit 0,6% des IDE dans le secteur). Ils s’élevaient à 8,9 MDT en moyenne sur 2006-2012 avec une pointe à 39 MDT en 2010 (7 % du total sectoriel).

Japon : En 2012, le pays du soleil levant a investi en Tunisie pour un montant global de 5,65 M€ (contribuant ainsi à la création de 468 emplois) principalement dans l’industrie manufacturière et une partie pour les services (114 k€ environ). Le Japon recense 10 entreprises en 2012, soit 4 351 emplois.

En 2013, les échanges commerciaux entre la Tunisie et le Japon sont en net recul quand il s’agit des importations (-9,4% pour les importations, soit 172 M€) par rapport à 2012. En revanche, les exportations ont connu une légère hausse (0,4% soit d’une valeur totale de 34 M€ en 2013). Sur la totalité de ses exportations, celles destinées au Japon ne représentent que 0,4% en 2013 et par rapport aux importations, seul 1,4% provient du Japon sur la même année. Entre 2002 et 2012, le commerce avec le Japon a nettement évolué. En effet, les importations ont augmenté de 66% environ et les exportations ont été multipliées par 7 – en raison de l’exportation croissante de thon par exemple.

Iran : En 2014, les échanges commerciaux sont estimés à 28 MDT. Les importations de produits iraniens par la Tunisie s’élevaient à 7 MDT et les exportations vers l’Iran représentaient 21 MDT (97% concernent les engrais). La Tunisie achète à l’Iran des ouvrages en fonte, fer et acier ainsi que des produits agricoles. La République iranienne a octroyé une ligne de crédit d’un montant de 212 MDT aux entreprises iraniennes souhaitant investir en Tunisie.

En 2014, on note également un rapprochement entre les Chambres de Commerce : accords de coopération entre Ispahan et Sousse, d’une part, et Sfax, d’autre part. Lors d’une visite sfaxienne en Iran, ont été évoqués : un intérêt pour les installations d’eau et assainissement et l’arrivée potentielle du concessionnaire automobile iranien IKCO en Tunisie